People of Change met en lumière, grâce à la création de courts documentaires, le travail effectué par des ONG et des individus dans le but d’améliorer la vie de leurs communautés. Nous croyons à la force des exemples positifs qui aspirent au changement et peuvent apporter des solutions globales.

The Street Store: Je consomme donc j’existe ?

Généralement nos moments de flânerie dans les magasins révèlent notre côté matérialiste le plus obscur en tant que consommateur, une partie de nous-même que nous n’assumons jamais totalement, cette part de nous qui nous pousse à dépenser de l’argent afin de répondre à un besoin ou plutôt à un besoin crée de toute pièce par la société de consommation. Qui n’a jamais été tenté par la dernière technologie en vogue ou par ce superbe haut (dont le seul usage se résume à élargir votre garde-robe) ?

Désormais, ce fantastique concept qu’est le Street Store vous permettra de réconcilier vos élans matérialiste et philanthrope en combinant shopping et don.

Kayli Levitan et Maximilian Pazak ont pu se rendre compte que dans une société aussi inégalitaire que la société sud-africaine, de nombreuses personnes sont désireuses de venir en aide aux plus démunis en faisant des dons. Toutefois, elles passent rarement à l’action parce qu’elles ne savent tout simplement pas comment faire ce don ou craignent de se rendre dans des zones de la ville considérées comme dangereuses.

Ils ont donc tous deux décidé de créer, en collaboration avec l’ONG Haven Night Shelter située à Cape Town et des acteurs locaux, un magasin éphémère.

Bien entendu, cette initiative répond à un besoin essentiel des sans-abris, soit s’habiller, mais pas seulement. Elle leur offre également l’opportunité de choisir eux-mêmes leurs vêtements. Les bénévoles de Street Store jouent même le rôle de conseillers mode pour leurs clients. Dès lors, en leur donnant le choix et en les reconnaissant en tant que consommateurs à part entière, ils trouvent bien plus que des vêtements: ils retrouvent leur dignité en tant qu’individu libre de choisir et de créer son propre style. Faire du shopping les affranchit de leurs besoins primaires pour exister par leurs choix. Je consomme donc j’existe ? Ce serait plutôt quelque chose qui ressemblerait à « Je fais un choix donc j’existe ».

A vous de diffuser ce concept dans votre propre ville à présent !

Les petites Sœurs des Pauvres

“Dans cette maison, personne ne meurt seul.”

La pauvreté affaiblit à n’importe quel âge, mais au moment de la vieillesse, elle peut se montrer particulièrement dévastatrice.  Lorsqu’une personne plus âgée est laissée à elle-même, sans famille ou amis pour prendre soin d’elle, elle est souvent confrontée à l’absence d’aide et se retrouve bien souvent dépendante d’aides gouvernementales. L’organisation  The Little Sisters of the Poor se consacre totalement au problème de l’isolement des personnes âgées. Cette organisation est une congrégation catholique de nonnes, qui avec l’aide de la communauté, venaient en aide aux personnes âgées les plus démunies à travers le monde. Inspirées de Sainte Jeanne Jugan une Française du 19ème siècle qui a consacré sa vie à venir en aide aux anciens, les Little Sisters of the Poor assurent une assistance et une présence aux plus âgés et nécessiteux issus de toute confession religieuse.

Ce qui a débuté au milieu des années 1800 en France, est ensuite devenu une action à l’échelle internationale qui s’étend sur 30 pays. Le foyer de Sainte Anne de San Francisco, en Californie, a accueilli plus de 20 000 hommes et femmes de toute confession ces 100 dernières années, où elles ont bénéficié de soins et d’assistance.

Le foyer Sainte Anne dispose d’un centre de soin résidentiel pour ceux qui ne peuvent plus vivre seuls et subvenir à leurs besoins, ainsi qu’une clinique.  Les résidents sont encouragés à participer à des activités de partage et d’échange, comme des sessions d’activité physique adaptée à leur âge, et ont la possibilité de se rendre à un salon de beauté ou encore un comptoir de crème glacée.

La dernière revue de presse du printemps 2014 du foyer Saint Anne explique le rôle primordial de l’organisation dans la mise en relation et l’échange entre des individus de différentes générations, en sensibilisant ainsi les jeunes générations au problème de la pauvreté qui affecte les plus âgés.

Un événement sollicitant la participation d’une classe de CM2 de la commune a même été organisé. Les équipes ont été formées aussi bien de résidents âgés que de plus jeunes participants, afin d’encourager la stimulation mentale et l’interaction sociale entre ces générations.

Les Little Sisters of the Poor sont persuadées que la pauvreté reste une terrible épreuve pour les personnes âgées, tout autant qu’à l’époque de Sainte Jeanne Jugan. Leur volonté de venir en aide à des femmes et des hommes de toute confession et de toute origine, fait preuve d’un véritable esprit du don et du partage.

 

20 Day Stranger

Le plus grand avantage des technologies (plus particulièrement Internet) reste sa capacité à rassembler les individus. Certains avanceraient l’argument contraire, toutefois si elle est utilisée à bon escient, la technologie sert avant tout le monde et les hommes ; et non le contraire.

Des téléphones portables aux ordinateurs, des tablettes aux télévisions, l’ensemble de ces medias ne cessent d’évoluer et parallèlement, la connectivité de s’étendre. Il en résulte qu’une grande partie de notre vie est à présent en ligne. A présent, pourriez-vous imaginer partager votre quotidien numériquement avec un total inconnu? C’est précisément l’expérience que nous propose de vivre l’application 20 Day Stranger.

Cette application iPhone révèle les moments partagés entre deux individus anonymes. C’est une expérience qui permet  à 2 individus d’échanger leur perception du monde et faire découvrir leur univers, et ce, en toute intimité et en assurant l’anonymat de chacun.

Pendant 20 jours, 2 individus que ne sont liés en rien, vont expérimenter le monde ensemble. Aucun des deux n’aura d’informations sur l’identité de son interlocuteur ou le lieu géographique ou ce dernier vit. Les créateurs espèrent plutôt que cette expérience révèlera assez de l’univers de chacun pour susciter respectivement l’imagination des participants en visualisant la vie de cet autre… et plus largement, d’imaginer la vie d’étrangers partout dans le monde.

L’accès à  cette application, élaborée par le Media Lab de la MIT en partenariat avec le Dalai Lama Center for Ethics and Transformative Values, est ouverte à tous. Seul prérequis il me semble: avoir un IPhone.

Qui est véritablement un homme?

Si le thème de l’égalité des sexes semble parfois dépassé, il reste toutefois très présent dans les discussions. Bien heureusement, quelques hommes s’engagent également à éradiquer ce paradigme social si réducteur.

Évoquons l’exemple d’Arunachalam Muruganantham (dit « Menstrual Man »). Il a amorcé une véritable révolution à l’aide de serviettes hygiéniques dans un pays où le simple fait de parler de « choses si sales » est tabou. De fait, seulement 7% des femmes en Inde font l’ usage de serviettes hygiéniques, et 2% uniquement dans les zones rurales.

Cela génère bien souvent des problèmes sanitaires, voire des maladies. Cette situation s’explique notamment par l’ignorance totale de la population au sujet des menstruations. Cette ignorance nourrit ainsi la honte sociale qui persiste à la seule pensée des règles. Dans un premier temps, Muruganatham a été perçu comme un pervers et a été rejeté par sa propre famille. Mais à présent, il est un entrepreneur qui a diffusé un modèle d’affaire durable dans les régions de l’Inde rurale et a renforcé le pouvoir des femmes de ces régions.  Il attribue ce succès à sa capacité de « savoir penser comme une femme ».

Ou évoquons encore le cas du père de Malala (soit Ziauddin Yousafzai), son grand courage et son amour, dont sa fille aînée, Malala Yousafzai, a hérité. En tant qu’instituteur pakistanais, il s’est toujours présenté comme un fervent défenseur du droit à l’éducation pour tous, hommes comme femmes. Il débute son TedTalk en décrivant la solennité qui a marqué le jour de la naissance de Malala : l’ensemble de la famille ainsi que ses voisins sont venus lui présenter leurs condoléances parce qu’il s’agissait d’une fille et non d’un garçon. Malgré la déception de son entourage, à la seconde où Malala a vu le jour, il l‘a aimée. Tout le long de ce TedTalk, on perçoit la fierté et l’amour inconsidéré de ce père pour sa fille, mais le moment le plus touchant de son discours vient à la fin, lorsqu’il affirme « Souvent on me demande ce qui dans l’éducation que j’ai donné à ma fille, a pu la rendre si brillante et courageuse. Je leur réponds, ne me demandez pas ce que j’ai fait. Demandez-moi plutôt ce que je n’ai pas fait. Je ne lui ai pas coupé les ailes, c’est tout. »

Enfin, je vous présenterai un dernier exemple, celui de Dustin Hoffman, un acteur de renommée internationale qui a eu une révélation sur l’influence destructrice que peut avoir la société en dévalorisant la femme en tant qu’individu. Lors d’une récente entrevue, alors qu’il décrivait son rôle dans le film Tootsie, Hoffman explique, submergé par l’émotion, que cette expérience lui a fait   réaliser la pression esthétique imposée aux femmes dans notre société au détriment de leur personnalité. Il réalise surtout le nombre de femmes intéressantes qu’il n’a pas pris le temps de connaître dans sa vie, car elle ne correspondait pas à ses critères de beauté, autrement dit ceux façonnés par la société. C’est en se posant cette simple question qu’il a eu cette révélation sur la pression imposée aux femmes par la société : « A quel point je serais différent si j’étais une femme ? ».

Ce sont ces hommes qui se montrent humains avant tout que je considère comme des véritables « hommes ». Ces derniers se posent la question de savoir à quoi ils auraient pu ressembler s’ils avaient été une femme ; ils osent « penser comme une femme », et ne coupent les ailes de personne.